Delphine Gleize n’en est plus à son coup d’essai. Ses courts métrages récompensés dans de nombreux festivals ont donné suite à plusieurs longs remarqués, du premier Carnages (en 2001) au dernier La permission de minuit, récemment édité en DVD par Studio 37. Une évidente maîtrise dans la mise en scène et la direction d’acteurs imprègne une filmographie déjà impressionnante (trois courts et quatre longs métrages en douze ans).
Les films de ce DVD soulignent une belle façon de filmer l’adolescence, de capter ce moment indicible et quasi invisible de l’abandon de l’enfance. La permission de minuit avec un sujet grave (les enfants de la lune, atteints d’une maladie incurable qui les prive des rayons du soleil) montre en filigrane un adolescent qui, bien que malade et avec un mode de vie très contraignant (sortir la nuit et éviter le soleil), a les mêmes préoccupations que les autres - ou presque - sur les copains et l’amour. Les méduses, court métrage réalisé en 2000, dessine, lui, une coupe de l’adolescence (comme on parlerait d’une coupe géologique), en dix-sept minutes et presque autant de personnages qui se frottent, se tournent autour et s’affrontent le temps d’une escapade en bord de la mer.
Produits par la même société (Balthasar Productions), à dix ans d’écart, ces deux films montrent le beau chemin cinématographique parcouru main dans la main.
Article rédigé par Sylvie Delpech - Bref Magazine n°99.