11e Biennale de Lyon, du 15 septembre au 31 décembre 2011.
Le cœur de l’art contemporain battra cet automne à Lyon avec la 11e biennale qui, du Musée d’art contemporain au nord, jusqu’à la Sucrière à l’extrême sud de la presqu’île rhodanienne, prendra littéralement possession de la ville pour deux mois et demi d’expositions et de manifestations en tous genres, où la vidéo aura évidemment une place de choix.
La biennale de Lyon est réputée comme étant une biennale d’auteur car Thierry Raspail, son directeur artistique, invite pour chaque édition une personnalité du monde de l’art à qui il donne carte blanche pour élaborer la sélection des artistes qui seront présentés. Il a ainsi désigné cette année Victoria Noorthoorn, une commissaire indépendante installée à Buenos Aires, qui a notamment travaillé pour le MoMA de New York et dont la carrière s’est pour l’essentiel déroulée en Amérique latine.
Le sous-titre qu’elle a choisi pour cette biennale, “Une terrible beauté est née”, est un vers de W. B. Yeats tiré du poème “Pâques”, composé en 1916 lors de l’insurrection de rebelles irlandais face à l’occupant britannique. À travers ce titre métaphorique, elle souhaitait évoquer à la fois la condition de l’artiste, l’absolue nécessité de l’art et l’imagination comme la première des émancipations, mais aussi l’incertitude du présent et de notre proche avenir. Comme elle le dit elle-même : “J’ai choisi de faire ce que font les artistes - d’avancer à l’aveugle, dans le noir, sans savoir si celui-ci s’éclairera ou non au cours de ma progression, pas à pas, et d’œuvre en œuvre.” Une manière assez subtile de justifier l’éclectisme inhérent à ce type d’exposition fleuve, qui se veut au fond le reflet d’un état créatif du monde, forcément perméable aux questionnements et aux enjeux de nos sociétés.
Extrait de l'article rédigé par Arnauld Visinet - Bref Magazine n°99.