MOUVIZ : Pouvez-vous
vous présenter ainsi que votre "équipe" ?
J'ai fait quelques études à la fac de Poitiers où j'ai obtenu une
Licence "Arts du Spectacles". Ensuite, en 1999, je suis parti à Nantes pour
effectuer deux années d'études à l'école de Cinéma privée "Les Arts Filmiques".
Je m'y suis spécialisé dans le montage et la réalisation. Aimant beaucoup
l'écriture, j'ai eu la chance de pouvoir mettre en scène deux de mes scénarii
au cours de ces deux années, sur des tournages en pellicule S 16. Pendant
cette formation, j'ai pu aussi évoluer sur de nombreux tournages, de court
et de longs, à différents postes et me suis aperçu que je ne supportais pas
la hierachie propre au milieu cinématographique. Trop stricte, et un peu démeusurée
à mon goût... De plus, je ne me voyais pas intermittent, pour les contraintes
de recherches constantes de travail que cela implique... Je me suis donc orienté
vers le monde audiovisuel. C'est comme ça que me voilà Journaliste reporter
d'Images et monteur pour trois télévisions locales depuis maintenant deux
ans et demi en Alsace. Mais je sais que le cinéma m'attire trop et qu'un jour,
je me relançerai dans l'aventure, sûrement à mon compte. (disons, dans trois
ou quatre ans...) Mon équipe est une bande d'amis rencontrés en fac. Nous
avions une passion en commun, faire des bétises avec des caméras... Même si
nous étions pas tous dans des cursus ayant rapport avec le cinoche ou la télé
! Et puis les choses ont évolué progressivement.
Nous avons fondé une association ; MBC Pictures, acheté du matériel et commencé
à organisé de vrais tournages. Nous essayons de tourner un film par an depuis
maintenant trois ans. Nous sommes une dizaine de membres dans l'asso, actifs
sur les tournages. L'intéret de cette association est que chaque membre peut
proposer des projets, analysés ensuite tous ensemble. Bref, ce sont de vrais
copains. Les acteurs que nous engageons sur nos films sont d'ailleurs très
surpris de l'ambiance chaleureuse, et pas trop "sérieuse" qui règne pendant
nos tournages. Et ça, ça me plait enormément de pouvoir tourner dans de telles
conditions !
MOUVIZ : Quelles
sont vos influences et inspirations ?
Je suis un fan absolu de Sam Raimi. Disons, plus la période où il "bricolait"
ses films aidé par les frères Coen. La trilogie Evil Dead est pour moi un
monument du cinéma. Le cinéma fantastique est sacrément mon dada. Je pensais
que cela changerait en grandissant mais j'ai 27 ans et c'est toujours ce cinéma-là
que je préfère ! Mes influences viennent surtout de films où il est dit clairement
au spectateur qu'on regarde un film. J'aime un réalisateur quand il n'oublie
pas qu'il est un artiste sans pour autant se prendre trop au sérieux. C'est
pour cette raison que j'essaie de faire rire les gens dans mes films. C'est
aussi quelque chose de génial que d'entendre un public rire de vos propres
conneries ! De ce point de vue, je suis aussi un fan de la première heure
d'Alain Chabat, autant du Nul que du réalisateur.(sauf RRRrrrr !) J'aime aussi
beaucoup les mises en abymes au cinéma.
Quand le cinéma, ou d'autres arts picturaux influencs directement
l'histoire. (pas simplement quand il est un pretexte, ou une biographie...)
Je pense à des histoires comme Dorian Gray. C'est aussi pour cela que j'adore
enfermer mes personnages. Les enfermer dans des histoires en huis-clos mais
en allant plus loin, les enfermer dans un film ou dans une photo... Et qu'ils
en aient conscience ! C'est pour ça aussi que j'adore les scénarii de Charlie
Kaufman. Je pense avoir été inconsciemment traumatisé dans mon enfance par
cetains épisodes de la 4ème dimension... Bon, je m'arrête là pour les influences...
.
MOUVIZ : Qu'est-ce
qui vous a amené à vouloir réaliser ce film ?
12 plans de la Vie d'un mort est un des premiers films que nous avons tourné
"sérieusement" avec l'assocation MBc Pictures... A la base, c'est un exercice
que nous avait demandé un prof : "Faire un film en 12 plans fixes". Comme
j'aime beaucoup mettre en avant certaines techniques propres au cinéma (ici,
le plan subjectif), j'ai donc imaginé cette histoire où la caméra symbolisait
quelqu'un...
La contrainte de l'exercice, c'était de faire des plans fixes...
Donc, j'ai poursuivis mon idée, en symbolisant la vue subjective de quelqu'un
qui ne pouvait pas bouger, donc, un cadavre. Le scénario a été pensé d'abord
sur la forme avant le fond... D'aileurs, je cherche toujours le fond de cette
histoire... Les références à Tarantino sont arrivées un peu d'elles-mêmes,
pendant l'écriture. (en particulier le plan du coffre, bien entendu...). Mais
je ne suis pas un inconditionel de Tarantino pour autant... J'ai aussi essayé
de contourner un peu l'exercice en ponctant le film de séquences dans le noir...
.
MOUVIZ : Quels
moyens ont été nécessaires à la réalisation de votre film ?
Une voiture, une caméra, du son, quelques trucs prêtés à droites et à gauche...
Surtout des amis en fait... Et puis aussi Jérôme sans qui nous sommes incapables
de faire des membres ou des boyaux... Mais techniquement, ce film n'a pas
été tourné dans des conditions professionnelles... Le resultat ne l'est pas
d'aileurs ! Mais j'avais surtout besoin de mes copains et de leur bonne humeur
et de leur gentillesse pour tourner un truc pareil ! C'est d'ailleurs ce qui
est resté au sein de l'association. Maintenant, nous avons plus de moyens
techniques !
MOUVIZ : Comment
s'est déroulé le tournage ?
Nous avons tourné le film en très peu de temps et tout c'est passé à merveille.
Nous avons été d'autant plus rapide sur la séquence devant le fast food !
Surtout quand le gérant est arrivé en courant en demandant ce que nous faisions
!... Ce tournage est un super souvenir !
MOUVIZ : Etes
vous satisfait du résultat final ?
La qualité visuelle n'est pas top top... Mais je pense que c'est tout de même
un bon petit film. Les réactions des spectateurs ont été très encourageantes
!. 12 Plans de la Vie d'un Mort a par la suite, tourné dans de nombreux festivals
nationaux, semi-professionnels.
MOUVIZ : Quels
sont vos projets ?
Notre association finalise actuellement deux projets courts : "Light Quest",
un essai de film d'action bourré d'effets spéciaux et "Encadrée", où une fille
se retrouve (encore !) coincée dans une photographie. Nous venons juste de
terminer "Le Retour des 12 Plans de la Vie d'un Mort" qui a été tourné en
août l'année ernièe. Suite dans laquelle Orange et Violet Métallisé se retrouvent
avec deux cadavres sur les bras, dont un tué, une caméra dans les mains...
La première projection a eu lieu samedi 25 septembre 2004,
et visiblement, c'est pas mal aux dires du public ! Une cassette sera bientôt
envoyée à Mouviz, bien sûr ! Je mets aussi en chantier un court-métrage qui
me tient baucoup à coeur et que je voudrais tourner en pellicule d'ici l'année
prochaine, intitulé "Livrés à eux-mêmes", dans lequel deux livreurs de pâtisserie
se retrouvent coincés au milieu d'un immense désert blanc. Là, par contre,
je vais avoir besoin de beaucoup de moyens pour que ce soit faisable !
Merci beaucoup.